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La méthode BISOU

Methode-bisou | La coligri s'organise

La méthode BISOU est une méthode créée par Marie Duboin et Herveline Giraudeau. 

Elles la présentent et l’expliquent dans leur livre L’abus de consommation responsable rend heureux, paru en 2020 aux Editions Eyrolles.

Comme les autrices l’expliquent elles-mêmes, il s’agit de « la 1ère méthode efficace pour se libérer de la surconsommation ».

Mon avis ? Une pépite qui devrait être reconnu d’utilité publique ! Je vous explique ça.

La méthode BISOU késako ?

Les autrices proposent, à travers les 5 lettres du mot B.I.S.O.U, 5 questions à se poser lors d’un achat. Il est question de réfléchir fortement à notre manière de consommer, nos habitudes de vie et finalement nos valeurs profondes.  
Le « Connais-toi toi-même » du temple de Delphes prend ici tout son sens, car c’est à travers nos valeurs et ce que nous souhaitons vraiment pour nous que nous pourrons agir et donc consommer en toute conscience.

B comme BESOIN

A quel besoin cet achat répond-il ? 

Attention il ne s’agit pas de savoir si on a besoin de cet objet ou pas. Mais bien de rechercher la raison, au fond, qui nous pousse à l’acheter.

Au-delà des besoins primaires tels que manger, s’hydrater, être à l’abri et au chaud par exemple, il existe de nombreux autres besoins auxquels notre cerveau nous pousse à répondre.

La pression sociale

Par exemple il peut y avoir une pression sociale qui nous incite à être mince. Cela nous conduit à dépenser de l’argent dans des régimes, des méthodes et des appareils de sport, s’inscrire à des abonnements en salle etc… Mais est-ce que nous avons réellement et profondément besoin/envie d’être mince, nous ?

Le mal-être

Certaines personnes font des achats lorsqu’elles ressentent un sentiment négatif (tristesse, perte de confiance en soi, angoisse etc…) pour compenser et essayer de se remonter le moral. 

On sait pourtant bien que cet effet ne sera que temporaire car l’acte d’achat ou le nouvel objet ne vont pas résoudre la problématique sous-jacente. 

Quand on se sent mal, il est préférable (et je n’ai pas dit que c’était facile …) de mettre des mots sur ce mal-être pour essayer de le régler à la source.

Le marketing

L’autrice Herveline Giraudeau insiste sur le fait que les équipes de marketing ont bien compris ces mécanismes psychologiques et s’en servent clairement pour nous pousser à l’achat

Ils jouent sur nos peurs (de la mort, de l’échec, de l’abandon etc…), nos angoisses, notre besoin d’appartenance au groupe (et donc de mimétisme), notre manque de confiance en nous et notre perfectionnisme… Bref autant de leviers psychologiques qu’ils actionnent allégrement pour vendre toujours plus et nous pousser à la surconsommation

Il est donc fondamental de se connaitre vraiment pour connaitre ses besoins authentiques et vrais.

Sacs à vrac zéro déchet sur un fond terracotta | La colibri sorganise

I comme IMMEDIATETÉ

C’est indéniable, nous vivons dans une société où tout va très vite, tout le temps. 

Il y a un sentiment d’urgence ambiant qui nous porte parfois malgré nous.

Pour être efficace et bon dans ce que l’on fait, il faut que nous soyons rapides et que ça aille vite. La vitesse et la rapidité sont devenues des qualités et des marqueurs de puissance.

La pression sociale

C’est ainsi que nous faisons face à des pressions au travail pour gagner en productivité, mais également à la maison dans l’organisation familiale. 

On retrouve également cette pression dans notre temps de détente. User des médias, internet et des RS nous poussent à nous tenir informés H24 (infobésité pour ceux qui passent leur journées devant les chaines tv d’infos en continue) au point de craindre de « rater » quelque chose (FOMO : Fear Of Missing Out)

Et pourtant, ainsi que le souligne Marie Duboin, les journées font 24h pour tout le monde. Ni plus, ni moins.

Ce qui change c’est la perception que l’on a de ce temps qui passe et finalement de ce qu’on l’on en fait.

Heureusement, l’autrice fournit quelques pistes de réflexion :

  • Fixer un temps imparti pour consulter les informations et pour se connecter aux RS et à notre boite mail. Le reste du temps c’est no way !
  • Bannir les chaines (tv, radio, internet) d’infos en continue.
  • Savoir déléguer et/ou dire non aux sollicitations.
  • Ne pas nous mettre la pression à nous-mêmes !

Immédiateté et consommation

Combien de fois sommes-nous revenus des courses avec des articles qui n’étaient pas sur la liste, mais que nous avons achetés car il y avait une promotion ce jour-là ! 

Les industriels et leurs équipes marketings jouent souvent sur cette notion d’immédiateté.

Soldes, promotions, remises, Blackfriday, points cumulés sur la carte de fidélité etc… sont autant de manières différentes d’user du sentiment d’urgence, mais toujours dans le même but : nous faire dépenser de l’argent ! Pas pour nous faire plaisir, il faut nous en souvenir !

Là encore le savoir c’est le pouvoir.

Connaitre ces techniques de vente nous amène à prendre du recul par rapport à l’offre proposée. Connaitre nos besoins nous permet de choisir en toute conscience si l’on souhaite en profiter ou pas !

Le mode slow

Non, non pas LA mode slow, mais bien LE mode, c’est-à-dire l’état d’esprit.

Connaissez-vous le slow ? Autre que la danse bien connue dans les années 1980 ?

Cette expression vient du mot anglais « slow » qui signifie « lent »

Il s’agit de vivre, penser et agir en prenant le temps, en ralentissant. Non, ce n’est pas un mode pour les paresseux.

Il est plutôt question de prioriser nos tâches pour ne garder que les essentielles, celles qui comptent pour nous et pour nos projets.

Selon Marie Duboin, lorsque vous avez le sentiment que vous n’avez jamais le temps de rien, très souvent c’est que vous ne prenez pas le temps.

Selon l’autrice c’est une question de choix. Papillonner d’une tâche à l’autre, courir dans tous les sens. Ou bien être à l’écoute de son rythme et de son corps, de ses habitudes afin d’optimiser son temps de travail, d’activité. Moins mais mieux

Le sujet est passionnant n’est-ce pas ?

Femme plage | La coligri s'organise

S comme Semblable

On s’attache ici à ce que l’on a déjà en notre possession, mais que l’on rachète malgré tout. 

Il est possible que l’on ait tellement d’objets qu’on ne se souvienne pas de tout ce qu’on a. Et quand on a besoin d’un outil spécifique ou d’un article précis, on le rachète sans s’en souvenir (en double ou en triple !).

Là aussi les autrices proposent de nous questionner sur notre rapport à l’objet.

Peut-être serait-il intéressant de faire un tri et un désencombrement de nos possessions ? Cela demande un peu de travail, mais un gain en sérénité largement gagnant !

La méthode de désencombrement de Marie Kondo est la plus célèbre, mais il en existe de nombreuses autres, avec des critères de tri différents selon nos objectifs et nos besoins. Tout le monde ne souhaite pas devenir minimaliste !

Utiliser une méthode peut s’avérer très intéressant lorsque, parfois, on a du mal à choisir si l’on veut garder un objet ou pas, selon s’il s’agit d’un cadeau, d’un souvenir ou d’un objet que l’on a payé cher. Il est également possible de se faire accompagner par un professionnel de l’organisation, spécialiste du tri et du désencombrement.

O comme Origine

Cet acronyme est, je le crois, mon préféré. 

Tous me parlent et me questionnent. Mais m’interroger sur l’origine d’un objet est essentiel pour moi par rapport à mes valeurs de bienveillance, de liberté et d’écoresponsabilité

Attention nos valeurs nous sont propres, il n’y a pas de jugement à avoir !

Marie Duboin souligne ce point dans le livre : la question ici est d’aligner ses valeurs à ses actes.

Elle insiste d’ailleurs sur le fait que c’est parfois difficile et qu’il faut dans certains cas faire des choix négociés.

Elle appelle cela la dissonance cognitive, entre ce qu’on défend et la manière dont on agit concrètement. Et cette dissonance est souvent inconfortable. L’autrice propose quelques pistes comme se fier aux labels reconnus (par exemple pour le bio), utiliser au maximum des produits bruts et boycotter les marques qui n’ont pas les mêmes valeurs que nous.

Comment est fabriqué un objet : en quelle matière ? Naturelle ou pas ? D’où vient la matière première ?

Comment est fabriqué un objet : dans quelles conditions a-t-il été fabriqué ? Où, dans quel pays ? Par qui ? Quelles sont les conditions de travail des ouvriers, des artisans ? Ont-ils un salaire juste et une protection sociale ?

Comment est-il arrivé jusqu’à nous : quel mode de transport, et dans quelles conditions ?

Autant de questions à se poser pour orienter nos choix de consommation. Et essayer de les aligner avec nos valeurs.

La démarche peut être longue et tortueuse, mais elle est enrichissante et gratifiante !

Sac en feuillage sur fond bois clair | La colibri sorganise

U comme Utilité

Mais c’est quoi finalement quelque chose d’utile ? nos besoins primaires assouvis ou ce qu’essaient de nous vendre les industriels ? Attention au greenwashing et aux progrès technologiques, car tous ceux présentés comme tels n’en sont pas du tout ! 

La finalité comme l’écrit Marie Duboin est de consommer mieux, bien sûr, mais cela commence par consommer moins.

« Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas » 

Il est indispensable de réfléchir à ce qui est utile pour nous.  Car ce qui est utile pour les uns ne l’est pas forcément pour les autres.

On en revient (encore une fois !) à maitriser nos besoins et nos valeurs pour agir en ce sens.

Vous l’aurez compris, je vous conseille très vivement la lecture de cet ouvrage, et je n’ai soulevé bien sûr que quelques éléments dans cet article. 

Le but est de vous donner envie de vous plonger dans le livre, j’espère y être parvenue ! Le but est également de vous donner envie d’appliquer la méthode BISOU à votre tour! Et vous aussi vous profiterez de ses nombreux bénéfices! 

La méthode BISOU va vous inviter à réfléchir sur vous-même (un peu d’égoïsme s’il vous plait !) et sur comment vous souhaitez mener votre vie en pleine conscience.

Peut-être que les thèmes abordés vont vous bousculer un peu, vous mettre le nez dans vos propres incohérences, (rassurez-vous tout le monde en a !) mais le sujet est passionnant !

Avec un peu d’humilité et de remise en question, je suis persuadée que vous sortirez grandie et plus alignée grâce à la méthode BISOU, tout comme moi je l’ai ressenti !

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